Les exportations d'armements russes (2014-2018)

29.11.2019

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2018 a vu l’entrée en vigueur de la loi américaine CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act), qui prévoit des sanctions secondaires contre ceux qui feraient l’acquisition d’armements russes et contre les banques qui se chargeraient des transactions. Les effets de cette loi ont commencé à se faire sentir dès l’année dernière. Ainsi l’Indonésie retardait-elle la réalisation d’un contrat d’1,14 milliard de dollars pour la livraison de onze chasseurs-bombardiers Su-35. Le contrat avait été signé le 14 février 2018, les deux premiers appareils devant arriver chez l’acquéreur en août 2019 (1). Néanmoins, au 4 juin 2019, il était clair que la concrétisation n’était pas pour demain.

Les officiels indonésiens évoquent l’éventualité d’une rupture en raison de la menace des sanctions (2). Le contrat n’est pas annulé formellement, mais son statut juridique exact reste inconnu. En juin 2019, le ministre indonésien de la Défense, Ryamizard Ryacudu, déclare au Shangri-La Dialogue de Singapour qu’il reste, malgré tout, une chance d’honorer le contrat avant la fin de l’année(3). Cependant, le retard est lié à la structure complexe du paiement, qui prévoit à la fois des devises fortes et une part importante de troc. Aussi l’Armée de l’air indonésienne n’est-elle pas la seule impliquée, le ministère des Finances et celui de l’Économie ont également leur mot à dire. Il se peut donc que le retard soit dû, en réalité, à la longueur des procédures bureaucratiques et que la menace d’appliquer la loi CAATSA soit un prétexte commode.

Le deuxième exemple d’impact de cette loi américaine est le refus des Philippines de considérer la possibilité d’acheter des hélicoptères russes. L’arrivée au pouvoir de l’excentrique président Duterte a ouvert à la Russie des opportunités de vendre des armements à ce pays. En octobre 2017, Manille faisait l’acquisition d’un modeste lot d’armes russes pour son infanterie, dont 744 RPG-7 et les grenades qui vont avec, pour un montant total de 408 millions de pesos philippins (511 millions de roubles, soit 7 millions d’euros) (4). Mais la cerise sur le gâteau du marché philippin était un appel d’offres pour l’achat d’hélicoptères de combat et de transport, d’un montant de 500 millions de dollars. Or, sans même étudier les propositions russes, les militaires de ce pays optaient pour huit appareils turcs T-129 Atak et seize S-70 Black Hawk (5). Au demeurant, le ministre philippin de la Défense, Delfin Lorenzana, ne cachait pas le vrai motif de ce refus : la crainte d’être touché par les sanctions secondaires américaines.

Le troisième cas a été le refus du Koweït d’acheter des chars de combat T-90MS. Dans les années 2014–2016, l’émirat envisageait la possibilité d’en acquérir pour former un groupement de blindés, entièrement équipé de matériels non-occidentaux. Des désaccords sur le prix ont fait traîner les négociations en longueur et, après l’adoption de la loi CAATSA, celles-ci ont été rompues, la partie russe étant informée du report de l’achat. Néanmoins, dans ce cas également, il s’agit peut-être d’un délai supplémentaire, et non d’un renoncement définitif (6).

Les banques craignant de plus en plus de se retrouver sous le coup des sanctions, des difficultés importantes se font également jour, en 2018, dans les garanties de paiement pour des contrats déjà signés et des livraisons effectuées. Selon des données non officielles, la somme des impayés atteignait, à la fin de l’année, 4 milliards de dollars.

LE RETOUR DE L’INDE

Malgré les premières manifestations négatives de la loi CAATSA, l’année écoulée a, dans l’ensemble, été assez bonne pour les exportateurs russes. Des contrats ont été signés pour un montant total de 20 milliards de dollars. Seule l’année 2015 avait été plus favorable (26 milliards de dollars). Le montant des livraisons s’est maintenu à 15 milliards de dollars, ce qui correspond aux exportations des trois dernières années (7).

Le principal point positif de l’année 2018 est le retour de l’Inde parmi les grands importateurs d’armements russes. Ce pays est devenu le plus gros acheteur du secteur en 2007 et l’est resté jusqu’en 2012. Au mois de décembre 2012, une impressionnante série de contrats est signée, comprenant la livraison de 40 kits de production sous licence de chasseurs Su-30 MKI pour les usines de la société indienne HAL, de 71 hélicoptères Mi-17-B5, et la production conjointe de 216 missiles de croisière supersoniques BrahMos – le tout pour un montant total de 5,4 milliards de dollars. Vient ensuite une pause de six ans, durant laquelle l’Inde ne fait pas d’achats significatifs en Russie. Cependant, les militaires indiens passent d’énormes contrats pour des armements occidentaux, tels que des Rafale français (8 milliards d’euros) ou des hélicoptères de combat et de transport de troupes américains Apache et Chinook. Faute de nouveaux contrats conséquents, la part de l’Inde dans les exportations russes chute rapidement. Si, dans les années 2013 et 2014, la Russie livrait à ce pays respectivement pour 4,78 et 4,34 milliards de dollars (soit 30 et 28 % des fournitures de matériel militaire pour cette période), en 2015, cet indice chutait à 2,5 milliards de dollars. En 2017, l’Inde n’arrivait plus qu’à la cinquième place dans la liste des plus gros importateurs d’armements russes.

Cependant, dès octobre 2016, au cours du sommet de Goa, le président Poutine et le Premier ministre Modi signaient plusieurs accords inter-gouvernementaux concernant une possible livraison à l’Inde de systèmes de défense antiaérienne longue portée S-400, une livraison et une production conjointe de frégates de classe Talwar, ainsi que l’organisation de la production sous licence, en Inde, d’hélicoptères Ka-226T. En outre, dans le même temps, avaient lieu des pourparlers sur la livraison d’un nouveau lot (48 unités) d’hélicoptères Mi-17-B5 et de 464 chars de combat T-90MS. Mais ces discussions se déroulaient avec la lenteur inhérente aux Indiens, de sorte que, sans cesse, surgissaient des doutes sur la sincérité de leurs intentions. Sur fond de gros contrats signés avec les Occidentaux, des craintes naissaient chez les Russes : l’Inde n’avait-elle pas revu ses projets d’achats en faveur d’armements non russes ?

Toutefois, à l’automne 2018, la pause indienne s’achève enfin. Le 5 octobre, un contrat d’une valeur de 400 milliards de roupies (5,43-5,5 milliards de dollars) est signé pour la livraison de dix divisions (cinq régiments) de systèmes de défense antiaérienne longue portée S-400 (8). L’Inde signe malgré de fortes pressions américaines et l’entrée en vigueur de la loi CAATSA. Cet accord importe donc à la Russie pour des raisons non seulement commerciales et industrielles, mais aussi politiques. Il crée un précédent : pour la première fois, les menaces américaines sont ignorées, montrant à d’autres acheteurs d’armements russes (y compris potentiels) l’inefficacité des sanctions.

Deux contrats suivent bientôt, prévoyant l’acquisition par l’Inde de deux frégates de classe Talwar et les travaux préparatoires à la construction de deux navires du même type aux chantiers navals indiens Goa Shipyards. La valeur de ces deux contrats se monte à près d’1,5 milliard de dollars (9).

En novembre 2018, l’Inde fait officiellement le choix de la compagnie russe Rosoboronexport, au terme d’un appel d’offres d’une valeur d’1,5 milliard de dollars, pour le programme de l’armée indienne Very-Short-Range Air Defence (VSHORAD), qui prévoit l’achat de systèmes de missiles antiaériens portables courte portée (10).

En mars 2019, cette série de contrats est prolongée par un accord portant sur la location par la marine indienne d’un nouveau sous-marin nucléaire polyvalent, d’un montant allant jusqu’à 3 milliards de dollars (11). La marine indienne exploite déjà un sous-marin semblable, Projet 971I, livré en 2013 aux termes d’un contrat dont la signature remontait à 2004. La première coopération de ce genre date de 1988-1990, où la Marine indienne loua pendant trois ans un sous-marin nucléaire Projet 670. Cela fait donc trois sous-marins nucléaires que l’Inde loue à la Russie.

L’autre événement majeur du printemps 2019 est la décision indienne de débloquer des crédits pour acheter en Russie des chars de combat T-90MS. Début avril, le Comité à la sécurité du gouvernement (Cabinet Committee on Security CCS), présidé par le Premier ministre Narendra Modi, approuve l’acquisition de 464 de ces chars pour un montant de 134,48 milliards de roupies (1,93 milliard de dollars). Le contrat avec Rosoboronexport doit être signé par le ministère indien de la Défense « dans quelques mois » (12). Par ailleurs, on discute activement de l’éventualité d’un achat exceptionnel par l’Armée de l’air indienne de 21 chasseurs MiG-29 SMT et d’une commande de 18 kits technologiques supplémentaires pour la production sous licence de chasseurs Su-30MKI dans les usines HAL.

Ainsi, dans la période automne 2018-printemps 2019, des contrats sont signés ou des accords de principe sont passés pour près de 13,4 milliards de dollars, et l’Inde compte à nouveau parmi les plus gros acheteurs – sinon le plus gros – d’armements russes.

TENDANCES À LONG TERME : ANALYSE DE LA PÉRIODE 2014-2018

Le marché de l’armement dépend fortement de gros contrats, assez peu nombreux, rarement signés, mais susceptibles de modifier un bilan annuel de dizaines, voire de centaines de pourcents. Aussi est-il nécessaire, pour mettre en évidence les tendances de ce marché à moyen terme, d’analyser les statistiques sur trois et même cinq ans. L’étude des exportations russes durant la période 2014-2015 révèle les tendances suivantes dans les exportations d’armements :

1) stagnation des volumes ;

2) transformation de la structure géographique : diminution de la part de la région Asie-Pacifique et hausse des achats d’armements russes par des États du Proche- et Moyen-Orient, ainsi que d’Afrique du Nord ;

3) regain d’intérêt pour la lutte antiaérienne et baisse simultanée de la demande de systèmes aériens et d’hélicoptères ;

4) inadéquation croissante des nouveaux standards technologiques du marché mondial et de l’offre russe.

FIN DE LA CROISSANCE DES EXPORTATIONS

Au cours des cinq dernières années, la grande particularité des exportations russes d’armements a été une interruption de la croissance observée durant les quinze années précédentes. Entre 1999 et 2013, le montant des livraisons était passé de 3,4 milliards de dollars à 15,7 milliards, record historique en la matière.

En 2014, le montant des transferts se réduit à 15,5 milliards de dollars et descend d’un milliard supplémentaire. Au cours des trois années qui suivent, l’indice se stabilise à 15 milliards de dollars par an. Ainsi le volume des exportations oscille-t-il, dans la période 2014-2018, entre 14,5 et 15,5 milliards de dollars, avec, en 2014 et 2015, une baisse nominale du montant des livraisons. Le record de 2013 n’est pas battu une seule fois. L’indice moyen annuel des livraisons est de 15,06 milliards de dollars. Si l’on prend en compte la hausse du dollar et la rapide inflation des armements, on peut affirmer que, dans un contexte de stagnation nominale, une tendance se dessine vers une baisse, de fait, des valeurs annuelles d’exportations dans ce domaine.

La façon d’annoncer les résultats des exportations d’armements mérite également que l’on s’y arrête. Jusqu’en 2016, ils sont proclamés par le président Poutine lui-même et se distinguent par leur précision – parfois jusqu’à la dizaine de millions de dollars. En 2017, pour la première fois, le bilan est tiré dans une simple interview de Vladimir Kojine, alors conseiller du président pour les questions de coopération militaire et technique avec l’étranger. Il déclare que le montant des exportations est d’« environ 15 milliards de dollars, sans doute un peu plus » (13). D’une façon similaire, la seule information officielle, mais imprécise et non définitive, concernant les résultats de 2018, est donnée dans une interview par Dmitri Chougaïev, directeur du Service fédéral de la coopération militaire et technique. Celui-ci indique que, « comme ces deux dernières années, nous maintenons le volume des exportations au niveau de 15 milliards de dollars » (14).

Il convient de noter que, dans les années 2014-2018, les montants annuels de nouveaux contrats ne sont pas mauvais du tout. À l’exception de 2016, où le volume des nouveaux accords se révèle inférieur au total des livraisons, pour les autres années cet indicateur excède les exportations réelles. En 2015 (année la moins bonne de cette période pour les livraisons : 14,5 milliards de dollars), on relève un sommet historique du montant des contrats nouvellement signés : 26 milliards de dollars. Ce niveau redevient élevé en 2018, atteignant 20 milliards de dollars. La moyenne annuelle des signatures de contrats au cours des cinq dernières années est de 17,48 milliards de dollars.

MODIFICATION DE LA GÉOGRAPHIE ET DE LA NATURE DES PRODUITS D’EXPORTATION

Les années 2014-2018 se caractérisent par un net changement dans la géographie des exportations russes d’armements. Auparavant, 60-70% des livraisons s’effectuaient vers la région Asie-Pacifique, où se trouvent deux très gros clients de la Russie, l’Inde et la Chine, ainsi qu’une série d’acheteurs de second rang, le Vietnam, l’Indonésie, la Malaisie, le Myanmar (ex-Birmanie). Mais au cours des cinq dernières années, nous l’avons vu, l’Inde a brutalement réduit ses acquisitions. Si les importations chinoises ont augmenté par rapport à la période 2007-2012, elles restent à un niveau inférieur au début des années 2000, où Pékin achetait des chasseurs et des sous-marins par dizaines, ainsi que des lots de 8-12 divisions de systèmes de défense antiaérienne longue portée S-300. À la même époque, la Russie se dotait de deux nouveaux clients au Proche-Orient, l’Égypte et l’Irak. L’Algérie demeure un gros importateur. En outre, 2016 est marqué par la réalisation d’un contrat annulé auparavant avec l’Iran, portant sur quatre divisions de systèmes de défense antiaérienne longue portée S-300 PMU-2, pour un montant de plus d’un milliard de dollars. La baisse de la part de la région Asie-Pacifique, conjuguée à l’augmentation des exportations vers le Proche et le Moyen-Orient, ainsi que vers l’Afrique du Nord, conduit à une égalisation de la part des deux macro-régions, dont chacune représente actuellement environ 45-48 % des exportations russes d’armements (15).

Le plus grand changement dans la structure des produits d’exportation est la hausse des contrats et livraisons de systèmes de défense antiaérienne. En 2017, ils ne représentaient que 20 % du portefeuille de contrats, ce qui constituait déjà une augmentation par rapport aux 12 % de la période précédente (16). Avec la signature du contrat indien sur les S-400, ce pourcentage est vraisemblablement passé à 25 %.

LES NOUVEAUX STANDARDS DU MARCHÉ MONDIAL ET LA RUSSIE

Les cinq dernières années ont révélé une inadéquation croissante de l’offre russe aux nouveaux standards technologiques (ou aux technologies « en vogue ») sur le marché mondial de l’armement. Ainsi, dans le segment de l’aviation de chasse, le standard est aujourd’hui, de facto, une offre de chasseurs équipés exclusivement de stations radar avec réseau d’antennes actives (AFAR) à commande de phase. Les chasseurs de cinquième génération F-35 ne sont pas seuls concernés, cela vaut aussi pour les plateformes de quatrième génération. À l’heure actuelle, les trois chasseurs américains de quatrième génération (F-16V, F-18E/F, F-15SA/QA) et les trois européens (Rafale, Typhoon, Gripen NG) sont présentés sur le marché, munis d’un radar AFAR. Ajoutons que des contrats ont été signés pour tous ces appareils. La Russie, jusqu’à présent, n’a pas d’offre de ce type. Bien plus, elle continue à présenter sur le marché son MiG-35 avec radar à balayage mécanique, ce qui relève, aujourd’hui, du parfait anachronisme. Dans le segment des sous-marins non nucléaires, presque tous les acteurs ont des offres de bâtiments à propulsion totalement indépendante de l’atmosphère, absents de la seule production russe. Enfin, si au cours des cinq dernières années, il n’y avait sur le marché que deux offres de missiles antichars de troisième génération, fonctionnant selon le principe Fire and Forget – le Javelin américain et le Spike israélien–, on trouve actuellement le système MMP français, ainsi que des systèmes sud-coréens, chinois et turcs. Seule la Russie continue de proposer des missiles de deuxième génération, avec système de guidage laser semi-actif. Il est évident que, tôt ou tard, cette inadéquation aura des conséquences négatives.

Dans un avenir proche et une perspective à moyen terme, les exportations russes d’armements seront affectées par deux facteurs. Le premier est l’effet croissant de la loi CAATSA. Le second, plus fondamental, est le risque de plus en plus grand pour la Russie de se retrouver à la périphérie technologique du monde. Cela signifie que le monde se développe plus vite. La Chine, avec ses cadences phénoménales de croissance industrielle, technologique et scientifique, mais aussi la Corée du Sud et la Turquie ont aujourd’hui des offres plus intéressantes, de haute technologie et, parfois, plus concurrentielles financièrement. Grâce à sa politique étrangère active et à la réputation d’acteur majeur sur le marché et de professionnalisme qui est celle de Rosoboronexport, la Russie peut encore se maintenir à un haut niveau commercial. Mais les signes d’une crise imminente se multiplient et sont de plus en plus visibles.

(1) https://bmpd.livejournal.com/3097412.html

(2) Déclaration du représentant officiel de l’Armée de l’air d’Indonésie, dans un entretien au magazine Jane’s. Cité d’après https://www.rbc.ru/politics/09/11/2018/5be5e9dd9a7947e3e18f2e25

(3) Dépêche de l’agence TASS du 2 juin 2019, « Indonezia rasstchityvaïet na natchalo postavok Su-35 do kontsa goda » [L’Indonésie compte sur un début de livraison des Su-35 avant la fin de l’année].

(4)Voennoïé obozrenié, 5 février 2019.

(5) https://bmpd.livejournal.com/3446367.html

(6) http://www.xinhuanet.com/english/2019-03/05/c_137871438.htm

(7) « Polititcheskaïa sitouatsia v Venessouelié nas vesma i vesma bespokoit » [La situation politique au Venezuela ne laisse pas de nous inquiéter], interview de Dmitri Chougaïev, directeur du Service fédéral de la coopération militaraire et technique, Kommersant, 6 février 2019. Page Web https://www.kommersant.ru/doc/3874641

(8) https://www.interfax.ru/russia/632032

(9) https://flotprom.ru/2018/%D0%A2%D0%BE%D1%80%D0%B3%D0%BE%D0%B2%D0%BB%D1%8F%D0%9E%D1%80%D1%83%D0%B6%D0%B8%D0%B5%D0%BC165/

(10) https://www.interfax.ru/world/638628

(11) https://theprint.in/defence/india-and-russia-ink-3-billion-deal-for-lease-of-third-nuclear-submarine/202509/

(12) https://bmpd.livejournal.com/3601358.html

(13) Vladimir Kojine, « Tié, kto segodnia kritikouïet Iran, boudout borotsia za nego » [Ceux qui, aujourd’hui, critiquent l’Iran, se battront pour ce pays], Kommersant, n° 22, 7 février 2018.

(14) Dmitri Chougaïev, « Polititcheskaïa sitouatsia v Venessouelié nas vesma i vesma bespokoit », op. cit.

(15) Dmitri Chougaïev, « Polititcheskaïa sitouatsia v Venessouelié nas vesma i vesma bespokoit », op. cit.

(16) Rambler News Service, August 30, 2017.