« Journée Russie » à Strasbourg

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Après Nancy en février dernier, une « Journée Russie » à Strasbourg a eu lieu le 2 juin 2014 dans le cadre d’une série de manifestations organisées par l’Observatoire franco-russe dans les régions françaises en collaboration avec des partenaires locaux, en l’occurrence la CCI Alsace et la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin.

Outre le fait que Strasbourg soit l’une des capitales européennes, l’Alsace entretient des relations économiques étroites avec plusieurs villes et régions russes. En 2013, la Russie était le 13ème pays vers lequel l’Alsace exportait le plus. La coopération économique se double d’une collaboration scientifique et culturelle avec la région de Moscou. En outre, le tissu associatif alsacien compte plusieurs associations de coopération avec la Russie.

Cette « Journée Russie » en Alsace s’est articulée autour de deux temps forts : un volet académique à destination d’un public d’étudiants et de professeurs, et un autre plus économique à l’intention des chefs d’entreprises et autres décideurs économiques alsaciens.

>> CONFERENCE « QUEL AVENIR POUR LES RELATIONS RUSSO-EUROPEENNES ? »

Une première conférence ouverte à tous sur l’avenir des relations russo-européennes s’est tenue en début d’après-midi au Vaisseau, autour d’Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l'Académie française, de Jean-Christophe Romer, professeur à l’IEP de Strasbourg, et de Georges Sokoloff, professeur émérite des universités et membre du Conseil scientifique de l’Observatoire franco-russe.

Au cours de son exposé, Helène Carrère d'Encausse a présenté une analyse de l’histoire des relations russo-ukrainiennes depuis la fin de l’Union soviétique, indiquant notamment que Boris Eltsine n’avait pas souhaité rouvrir le débat sur la Crimée au début des années 1990 dans le but de conserver de bonnes relations avec l’Ukraine, et que la ville de Sébastopol a toujours eu un statut à part dans le découpage administratif et n’avait pas été offerte à la république soviétique d’Ukraine avec le reste de la péninsule en 1954.

Jean-Christophe Romer a quant à lui parlé des causes de la crise ukrainienne, déclarant que l’UE et les Etats-Unis portaient une part de responsabilité pour avoir sous-estimé l’importance stratégique de l’Ukraine pour la Russie et fait abstraction de certaines réalités géographiques et historiques. De manière générale, la politique menée par les Américains depuis le milieu des années 1990 vise clairement à éloigner l’Ukraine de la Russie.

Constatant que l’une des causes de la crise ukrainienne était le choix exclusif demandé à la fois par Moscou et Bruxelles, Georges Sokoloff a proposé de rechercher des solutions techniques permettant de rendre compatible la coopération simultanée avec l’Union douanière et l’Union européenne (ce qui serait théoriquement possible selon l’ex-directeur général de l’OMC Pascal Lamy).

>> TABLE RONDE « RUSSIE 2014 : SITUATION ECONOMIQUE ET CLIMAT DES AFFAIRES »

La deuxième partie de la journée s’est quant à elle focalisée sur l’analyse du potentiel économique de la Russie et les perspectives qu’offre le marché russe aux entreprises alsaciennes. L’Observatoire franco-russe et la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe (CCIFR) ont convié une soixantaine de chefs d’entreprises à une table ronde consacrée au climat des affaires en Russie. Sont intervenus Emmanuel Quidet, président de la CCIFR, Barbara Khayat, responsable Russie au sein de la Direction des Relations économiques bilatérales du Trésor, Julien Vercueil, économiste et Maître de conférences à l’INALCO, et Andreï Voskoboï, représentant de la CCI de la Fédération de Russie en France et au Benelux.

La représentante du ministère des Finances a souligné la priorité que la France accordait à la coopération économique avec la Russie.

Le public a montré un vif intérêt pour l’expérience des sociétés françaises déjà implantées en Russie.

La parcours de FM Logistic en Russie tel que l’a exposée le président de FM Holding Jacky Gervis est un résumé de l’histoire économique de la Russie depuis 1991, date à laquelle cette entreprise a commencé à opérer dans ce pays.

Eric Belton, directeur général de Lohr Automotive, a déclaré qu’à l’heure actuelle, sa société fournissait le marché russe à partir de son usine en Serbie (en raison d’un accord russo-serbe rendant cette option viable), mais qu’elle allait bientôt produire directement en Russie.

Le directeur de l’Office du tourisme de Strasbourg Patrice Gény a évoqué l’aventure de l’organisation d’un marché de Noël de Strasbourg délocalisé à Moscou, manifestation qui s’est tenue pour la première fois en 2012-2013, entre le Noël catholique et le Noël orthodoxe, et qui devant son succès a été reconduite en 2013-2014.

Dans son allocution finale, le président de la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin Jean-Luc Heimburger a indiqué qu’une délégation d’entreprises alsaciennes se rendrait en Russie en octobre 2014. Le Consul de Russie à Strasbourg Alexandre Bourdine a ensuite remercié l’Observatoire franco-russe pour son initiative avant de clore les discussions.

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